Premier jour à Lombock : l’île piment…

Samedi 5 mai 2012

Tôt le matin, nous avons embarqué sur un bateau de pêcheur, direction Lombock.

 

Nous sommes les seules touristes. très vite, nous comprenons que Lombock, l’île piment, est beaucoup moins touristique que Bali. Avec du recul, l’île porte bien son nom, si l’on se place du point de vue masculin.
Mais tout d’abord, nous voilà débarquant sur le port de Bangsal. Dans le Lonely, il était conseillé de l’éviter. Or, il n’y avait (apparemment) par d’autres alternatives pour rejoindre Lombock depuis Gili. On est pas encore sorti du bateau que des hommes veulent prendre mon sac, je refuse.

On nous demande si l’on veut un taxi. Non, on en a déjà réservé un. Quelques hommes nous abordent et disent connaître notre chauffeur, c’est son frère. On précise bien qu’on a déjà payé et qu’on veut voir la personne avec nos noms. Comme je le craignais, notre chauffeur n’est pas là. On attend à un point stratégique, près d’un bureau. Un jeune veut que l’on monte sur une moto pour rejoindre le taxi. Pas question, on préfère marcher. De toute façon, tant qu’on n’aura pas vu nos noms, on ne partira avec personne. Le stresss monte mais on est rassurées d’être ensemble. Je n’imagine pas débarquer seule ! La route jusqu’au port est bien interdite aux véhicules. L’homme qui nous avait interpellé en premier nous montre un texto avec nos noms, provenant de Hakim. Ok, tout va bien. On peut souffler. Il nous conduit à notre chauffeur, Mourawa.

Un petit jeune, qui a l’air tout timide (mais comme on dit, il ne faut pas se fier aux apparences. On va le découvrir à nos dépends…).
La musique est à fond dans la voiture et on prend l’initiative de baisser le volume. On apprend qu’il a une trentaine d’années et déjà deux enfants. Premier stop à la station essence :

 

Deuxième stop pour nous à l’ATM pour prendre de l’argent. Mourawa est prévenant, ouvre la porte de la voiture, nous tient par l’épaule nous pour faire traverser, nous attend à l’extérieur du guichet. On y a vu que du feu…

Troisième stop : il a besoin de recharger son téléphone. Il lui manque 1000 rouphias (10 cents), on lui donne. J’en profite pour acheter quelques biscuits.

 

Environ 1 heure plus tard, nous arrivons à Senaru, village principal pour les départs des treks sur le Rinjani. Il n’y a pas de village à proprement parler, mais des maisons, auberges et restaurants disséminés le long de la route principale. Je lui signale que je veux voir une agence spécialisée, mais il insiste pour nous conduire d’abord au bureau touristique principal. Je me renseigne pour le trek, les conditions, le prix, environ 1,5 millions de rouphias. Un pré-groupe de 4 personnes est déjà constitué. Chaque jour entre 5/6 heures de marche et 10 heures pour le dernier jour ! Quand même… En sortant, je demande à Murawa de nous emmener à John Adventures, qui est référencé dans le guide. Il n’a pas l’air de savoir où c’est. Heureusement, nous avons reperé le bureau. On fait appeler John, le boss. Je lui explique que je veux faire le trek de 3 jours, mais que je veux être dans un groupe. Hors de question de partir seule. Il me dit qu’il n’y a pas de groupe pour 3 jours partant demain. Il me prévient que c’est dur et que seul un couple a booké le trek de 2 jours. Nous restons ensemble qu’une journée et une nuit, car le deuxième jour, ils redescendent. Je suis pas trop emballée. Il m’assure que son guide est sérieux et qu’en cas de problème, je peux aller à la police. De mon côté, je lui explique que quand le mal est fait, ce n’est pas la police ou l’argent qui va réparer ça. J’hésite, puis il finit par me convaincre. J’opte pour la formule Deluxe de 3 jours à 2,8 millions de rouphias (la sécurité n’a pas de prix).

A ce prix, je vais avoir droit à un guide, un porteur, une chaise, pouvoir manger (presque) ce que je veux et une tente pour les toilettes (ça n’a l’air de rien comme ça, mais ce « luxe »a été fort apprécié). On signe le contrat et je règle la facture. Le départ est prévu le lendemain matin à 6h30, mais je souhaite rencontrer le guide avant. Avec Cécile, il nous propose une superbe chambre pour la nuit à 450 000 rouphias (et normalementelle est à 500 000). Too much pour nous… On va chercher ailleurs et je lui dis que je le recontacte pour lui dire où il doit venir me prendre.

On retrouve notre jeune chauffeur, qui entre temps à demander des biscuits à Cécile, car il avait faim, et a tout mangé ! On va juste en face de chez John. L’auberge est aussi référencée avec de la bonne cuisine. On passe d’un extrême à l’autre : un jeune nous fait visiter une chambre sommaire (en fait la pire qu’on ait eu) à 100 000 rouphias.

 

On y reste juste une nuit et c’est juste en face de chez John. On prend. Le jardin compense, malgré l’odeur de plastique brûlé.

 

On dit à Murawa qu’on va rester ici. Il prend nos bagages et les conduit jusqu’à la chambre. Ok, si ça lui fait plaisir. On discute encore un peu et plaisante sur la religion, le nombre d’épouses ou de maris tolérés. Il peut prendre plusieurs femmes, et nous dit d’ailleurs que sa femme est d’accord. Et les femmes aussi peuvent prendre plusieurs maris. Ne jamais plaisanter sur la religion à Lombock. Je ne sais pas s’il a pris ça comme une invitation, mais quand je lui dis que je fais une petite photo souvenir, il commencer d’abord par se rapprocher de Cécile.

Puis demande aussi à faire une photo avec moi… dans la chambre. Ha non ! D’abord y’a pas de lumière,lui explique-t-on. Il est à l’intérieur de la chambre et ne veut presque pas en sortir. On doit le tirer et sortir dehors avec Cécile pour faire la fameuse photo. J’essaie de ne pas trop m’approcher.

 

Mais en deux secondes, il se colle à moi, me tient le visage et m’embrasse sur la joue… et tente plus ! Je résiste tout en essayant de ne pas dramatiser la situation et garder le sourire !

Cécile intervient, ferme la chambre et nous lui disons au revoir. Il part, non sans mal, en nous envoyant un baiser et en dit qu’il va rêver de nous… On n’en revient pas ! A Lombock, les hommes sont bouillants. Est-ce lié au fait que l’on voit peu de femmes ici et que la plupart sont musulmans ? Difficile à dire. Juste après Cécile me dit que pendant que je bookais mon trek Murawa lui aurait déjà dit qu’il allait rêver d’elle et aurait confié que sa femme refusait qu’il partage leur lit car leur plus jeune enfant dort avec elle. Ceci explique cela… En retournant à la terrasse du café, je le vois repasser dans sa voiture, klaxonner et envoyer (encore) un baiser. Incroyable !

Alors que nous prenons notre déjeuner à l’auberge, nous découvrons que la jeune femme européenne, que j’avais pris pour une touriste, est en fait avec un « local ». Ils ont un bébé ensemble. Peut-être les autres s’imaginent que l’on est venu chercher un homme… Les rares femmes que l’on voit n’ont rien de sexy. Au contraire… On comprend mieux l’attention dont on fait l’objet. Ce qui ne rassure pas du tout Cécile qui ne se voit absolument pas rester là 3 jours en attendant mon retour du trek. Elle réfléchit à la possibilité d’aller à Senggigi, notre prochaine étape après le trek. Nous n’avons pas fini de déjeuner qu’un homme se présente comme un guide local et veut nous emmener voir les cascades. Après l’expérience Murawa, on n’est pas vraiment sûres de vouloir partir avec un homme. Il nous assure que pour voir la deuxième cascade, un guide est nécessaire. Info confirmée dans le Lonely.

On hésite, puis accepte, en négociant le prix. On lui donne 50 000 rouphias. Si nous sommes satisfaites par sa prestation, il aura 60 000. Faut-il des chaussures du marche ? Non, nous dit-il, c’est mieux en tongs. Je suis étonnée, mais on s’exécute. Échaudée par Mourawa, Cécile enfile un pantalon. On part donc avec Jukie, qui donne le rythme dès le début de la promenade. C’est au pas de course ! On doit l’arrêter pour faire des photos ! Il a peur qu’il fasse trop noir à la cascade (il est pas encore 15h).
Belle vue pour commencer.

 

Nous marchons le long d’un canal à bonne allure. Une bonne mise en jambes pour mon trek.
 Quelques minutes plus tard, arrivée à la première cascade.
Nous poursuivons le chemin et là, franchement, on regrette de ne pas avoir mis des chaussures de marche et on doute des qualités de guide de Jukie ! On ne peut pas marcher sur des rochers glissants avec des tongs. Sans parler des escaliers ou du pont avec des espaces dans le vide.

Avant d’arriver à la seconde cascade, nous devons traverser une rivière (d’où l’histoire des tongs facile à enlever). Cécile capitule. Je ne suis pas très rassurée. Je lui laisse mes papiers et mon appareil-photo. Elle va nous attendre sur les rochers. Je n’ai pas vraiment envie de me retrouver les fesses dans la flotte avec mon passeport. A priori, la cascade n’est pas loin. Mais pour traverser, je n’ai d’autre choix que de m’accrocher à mon guide, qui manque de tomber en glissant sur une pierre !

 

Après la traversée, on arrive rapidement à la cascade. Jukie propose de se baigner. Non, merci ! De une, j’ai pas trop envie d’enlever mes vêtements et me retrouver en maillot de bain devant lui et de 2, Cécile nous attend.
Au retour, il faut retraverser la rivière.

Jukie ne manque pas une occasion de se rapprocher de moi… ou de Cécile, mais ça reste correct.

 

On l’a bien compris, il faut gérer la situation… en gardant le sourire. Sur le chemin du retour, Jukie est tout aussi pressée. On a dû mettre moins de 2 heures en tout. Dernier coup d’oeil avant de rejoindre l’auberge.

 

Dans les derniers mètres, Juki ,nous montre un énorme lézard horrible. Pourvu que je n’en rencontre pas un pendant le trek. Et dire qu’on est en tongs !
Finalement, le guide aura 55 000 rouphias et acquiesce à notre décision. Pour les prochains touristes, il sait qu’il doit leur dire de mettre des bonnes chaussures.

Dès demain, Cécile rejoint Singgigi. Nous essayons de trouver un bon hôtel pour mon retour sur Internet, grâce à l’ordinateur prêté par le jeune gérant de l’auberge.
Avant de dîner, on file à la douche. Problème : il fallait s’en douter, il n’y a pas d’eau. Après plusieurs allesr-retours à la maison « mère », on parvient à avoir de l’eau… froide ! Moi qui imaginais prendre une bonne dernière douche chaude, c’est (encore) raté !

Avant de sortir, on asperge la chambre d’insecticides (mieux vaut prévenir, vu l’état des murs et des feneêtres). Ce soir, nous dînons au restaurant de John et je fais la connaissance de Paé, mon guide. Un petit gaillard de 35 ans environ, qui m’inspire confiance. Derrnière notre table, un couple est attablé. C’est probablement avec eux que je vais commencer mon trek demain. Cécile demande à réserver un taxi pour demain, direction Singgigi. Tout semble se présenter au mieux. Seul son (futur) chauffeur la tracasse et espère ne pas tomber sur le même numéro que Murawa

Pour le dessert, on s’offre un plaisir : des pancakes au chocolat ! Depuis notre arrivée en Indonésie, il faut dire qu’on a pas mangé (ni bu) de chocolat. Alors, ce n’est pas de refus.

A la fin de la journée, Cécile et moi sommes rassurées par notre programme respectif  des prochains jours. Je prépare mon sac en emportant le strict minimum pour ces 3 jours et met le reste de côté dans un sac plastique. On ne se couche pas trop tard car demain, lever à 5h50 (pour moi).

Après cette première journée à Lombock, nous sommes convaincues d’une chose : nous reviendrons pas de sitôt à Senaru !

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