Senggigi

Mardi 8 mai 2012

15:30. Me voilà donc dans un taxi (avec un jeune homme plutôt charmant comme chauffeur). Durée du trajet pour arriver à Senggigi : 2 heures, au cours desquelles j’ai dû échanger trois phrases avec le chauffeur. En partant, j’ai failli oublier mes chaussures de marche (j’ai enfilé mes sandales à la place pour laisser mes pieds respirer, et mes ampoules à l’air par la même occasion). Nous traversons les même paysages jusqu’à Bangsal. Là, nous prenons une autre route pour se diriger vers Senggigi.

Cette partie de Lombock est en voie de modernisation au vu des travaux sur la route. J’ai droit à deux arrêts : un pour l’essence et un autre « technique » pour le chauffeur. Il sait où se situe le Susnet Hotel, où est Cécile depuis 3 jours. Justement, c’est Cécile que je vois marcher sur le bord de la route. Le timing est parfait ! Elle arrive à peine quand je sors mon gros sac du coffre et se dévoue pour le prendre. Première impression : très bel hôtel, avec jardin, piscine et vue sur la plage.

 

Seul hic : il faut monter des escaliers pour accéder à la chambre. Même si ça tire, ce n’est rien à côté de la descente. De toute façon, rien que le fait de marcher me lance.
Quand elle ouvre la porte, le bonheur ! Lit king size (ils n’avaient pas de twin) : 2 mètres sur 2 mètres. Ha, merci mon Dieu ! Je vais dormir comme un bébé. On commence à papoter et à se raconter nos dernières aventures avec Cécile. Le soleil est déjà en train de se coucher, alors si l’on veut se baigner (trop tard pour la mer !) à la piscine, il ne faut pas trop tarder. Mais d’abord, une bonne douche. Enfin, plutôt un décrassage s’impose !
Quel bonheur de prendre une vraie douche bien chaude. A cet instant, je pense aux porteurs qui n’ont sûrement pas cette chance. Quelle dure vie ils ont ! Ce besoin quotidien de se laver avec de l’eau chaude est un luxe que certains n’auront peut-être jamais…
Après un bon shampoing, je suis prête à enfiler mon maillot et sauter dans la piscine… plutôt fraîche à ma grande surprise. Il fait nuit, nous sommes seules à nager dans le beau bassin avec vue sur la mer. Je sens la peau de mes ampoules se détacher. Cette eau javellisée va leur faire le plus grand bien, ainsi qu’à mes muscles, que j’étends au maximum.
Cécile me raconte ses découvertes et aventures de ces derniers jours. Elle a (encore) eu droit à un chauffeur relou avec des allusions bizarres (ma femme habite à Singapour, je suis seul…). Elle me raconte aussi l’histoire d’une cliente de l’hôtel qui semble avoir une aventure avec un local. Du coup, on joue un peu les espionnes. En fait, on plaint surtout le mec qui drague une femme qui est loin d’être un canon. Il n’y a peut-être pas mieux à se mettre sous la dent !
Vers 20h, nous allons au restaurant de l’hôtel, qui sert une bonne cuisine. Cécile connaît déjà tout le personnel : Ana, Charles… Tous sont au petits soins. Effectivement, l’accueil est très chaleureux. Cécile me présente aussi à un couple de Hollandais qu’elle a rencontré à l’hôtel et qui étaient sur Gili Meno presque en même temps que nous (et au même hôtel). Nous nous installons sur une jolie petite table en bois avec un bougeoir, au milieu du jardin. Parfait endroit romantique… pour les couples.
Je me penche sur la carte du resto, plutôt attrayante. Je commence avec un soda water pour me désaltérer, puis je commande une pizza au fromage : la basique Margarita. Haro sur le riz et les banana pancakes ! Glace à la vanille et au chocolat pour le dessert.
Charles, l’un des serveurs, fait des tours de magie ou des énigmes avec des allumettes. En temps normal, je suis bon public.  Mais après deux ou trois démos, j’avoue que je suis out ! Je ne rêve plus que d’une chose : me coucher dans un bon lit et dormir. Je prends congé. Avant de me coucher, mon traditionnel cocktail Malarone et Voltarène. La clim est sur ON, le grand lit moelleux n’attend plus que moi. En quelques minutes, je plonge dans les bras de Morphée. Quel bonheur !
Mercredi 9 mai 2012
Ce matin, réveil vers 9h. Il faut pas trop me presser. En même temps, il faut que je donne certaines de mes affaires à lever. J’ai déballé mon sac et la chambre est en train de ressembler à un camp de romanichels. Si je veux que mes affaires soient propres pour notre départ demain matin, je dois descendre maintenant. Hop, je me tire de mon lit et m’habille avec les seuls vêtements qui me restent un tee-shirt rose et une jupe à fleurs (juste au dessus du genou, j’espère ne pas choquer..:-).
 Je donne mes affaires à Ana, puis je grimpe tant bien que mal sur une beluga, face à la mer. Quoi de mieux pour prendre son petit-déjeuner…
Ce matin, j’ose commander un chocolat chaud (première fois depuis mon arrivée à Bali) avec salade de fruits et toasts (avec du beurre français ! et de la confiture canadienne). Un bon petit-dej à la Française : le rêve ! A un détail près, ils ont fait le chocolat avec de l’eau. Du coup, je demande un pot de lait ‘(ils en ont) et je fais mon « mix ».
A 11h, nous avons réservé un chauffeur (enfin Ana, qui est à la réception de l’hôtel s’en est chargée) pour découvrir Central Lombock. Nous allons notamment visiter un village dédié à la fabrication de poteries et une production locale d’ikat (tissage de tissus) et de sarongs.
Quand nous sortons de l’hôtel, Dean, notre chauffeur est là avec une voiture climatisée. Il doit avoir la cinquantaine et a l’air plutôt sympathique. J’avoue que je ne me sens pas particulièrement bien. J’ai avalé un Doliprane, mais je suis toujours barbouillée. A cela s’ajoute mes difficultés à marcher. Je crois que je serai bien restée la journée dans un transat au bord de l’eau à me faire masser. Mais, comme Cécile, j’ai aussi envie de découvrir le coin et l’artisanat local. Notre seul questionnement était autour du village sassack, du nom de ses habitants traditionnels. Franchement, je me vois mal faire 45 minutes de voiture supplémentaires. Finalement, nous n’irons pas d’un commun accord.
Premier arrêt de la journée, sur les conseils de Dean, à un temple bouddhiste sur la mer.
Petite donation pour rentrer. Pas de chance pour moi, il y a des escaliers !
De nombreux locaux se baignent et pêchent juste à côté du temple. Des petites filles fabriquent des offrandes.
Nous devons ensuite traverser une ville animée pour trouver un distributeur. C’est alors que j’apprends le nom de notre nouveau président : François Hollande ! Le combat a été serré. Comme dirait Cécile, reste en Australie, si tu peux ! Bref…
On fait nous notre arrêt banque et, comme d’hab, on repart millionnaire. L’argent file à une allure incroyable, surtout quand il faut payer le transport. Demain, le retour vers Ubud en bateau et voiture va nous coûter 500 000 rouphias.
Après une bonne demi-heure, nous arrivons dans un petit village et notre chauffeur nous conduit dans des petites ruelles. Nous découvrons alors des femmes qui sortent des assiettes cuites d’un feu.
Un homme les asperge ensuite de produit, à base de tamarin pour leur donner une couleur (naturelle) plus foncée.
Juste à côté, au milieu de la basse-cour, des bols sont en train de sécher, avant d’être cuits. Au moins, on est sûres que ce n’est pas du « made in China ».
Un peu plus loin, un couple façonne des grandes jarres, utilisées comme décoration.
 Dean nous explique que peu de personnes travaillent en ce moment car c’est l’heure de la prière  Lombock est une île à majorité musulmane.
Et voici la matière première de ces œuvres d’art :
Il nous emmène ensuite à la grande coopérative, qui rassemble toute la production locale. Nous voyons les jarres dans leur état final. Certaines sont peintes, d’autres recouvertes de tissu.
A l’intérieur, le choix est si vaste qu’on ne sait plus où donner de la tête. On aurait envie de tout acheter. Certains grosses pièces de vaisselle sont magnifiques.
Je me laisse tenter par un mug, une petite tortue, un dessous de plat, deux coquetiers et deux bols. Vient alors le temps de la négociation : je m’en sors pour 455 000 rouphias, le tout. Les dames m’emballent tout ça dans un carton et du papier. Je vais devoir envoyer le tout par la poste. Impossible de mette ça dans mon sac pour revenir en Australie. De toute façon, je ne peux pas me balader avec ensuite. Après il n’y a plus qu’à espérer que tout arrive…
Arrêt suivant : un autre village qui produit notamment des sarongs. On a droit à la visite guidée avec un jeune homme du village. Enfin, notre chauffeur nous l’a « collé » et on eu beau lui expliquer qu’on voulait pas faire le tour du village, mais seulement voir ce magasin, on est quand même parti avec lui faire un tour. Au moins, on s’est rendu compte que se sont bien les femmes qui tissent les sarongs.

On me propose de tisser aussi à mon tour. Je m’installe derrière le métier à tisser et une jeune fille me guide avec ses mains.

Quel sacré boulot ! Si encore une partie de son travail lui était bien reversée, mais d’après le fonctionnement de la coopérative, c’est reversé à différents villages…
Nous finissons dans la partie achat, à l’intérieur de la boutique. Le « gérant » et notre « guide » veulent nous convaincre d’acheter des tissus en nous habillant en future mariée. Au passage, si on est intéressée, on peut trouver le futur marié sur place… et sur le champ ! Notre « guide » voudrait bien avoir une « amie » française et garder contact par mail… Je passe mon tour !
Me voilà donc en future mariée Balinaise :
Je ne suis pas totalement convaincue, mais c’est un style. Et c’est bien la première fois que j’enfile une robe de mariée.
Après avoir fait 10 fois le tour de la boutique, hésité sur les tissus, puis marchandé, je repars avec un grand tissu brodé (500 000 rouphias) et Cécile avec un stock de sarongs de différentes couleurs. On a encore bien dépensé.. pour le plus grand plaisir des deux jeunes hommes et peut-être de notre chauffeur (a-t-il perçu une commission ? Mystère). Et un petit billet pour le « guide local ».
Pour finir, Dean veut d’ailleurs nous conduire à une boutique de perles puisque des fermes perlières sont installées dans le coin. Je n’ai qu’une hâte, c’est de rentrer (il est plus de 15h30)  mais bon, je me laisse convaincre. On fait un stop rapide. Je compte rien acheter !
Choc en rentrant dans le magasin : j’entends des dizaines de personnes lancer d’une même voix : good morning ! Je m’y attendais pas. En fait, on est seule dans le magasin et il y a des vendeurs tous les un mètre. Chaque vitrine a 1 ou 2 vendeurs et chacun veut attirer le client. Tout ce que je déteste.
 Je regarde chaque vitrine et fais quand même deux fois le tour du magasin. Je vois des pendentifs aux formes originales. Il s’agit de demi-perles recouvertes de nacre. Je craque et essaie. Il est pas mal… J’essaie un autre modèle, puis revient à mon premier choix. Cécile craque aussi pour un autre modèle. Du coup, je négocie pour deux. Environ 330 000 rouphias chacune. Je fais rétrécir le cordon pour le porter plus court et je sors avec. Moi qui ne voulait rien acheter ! Bilan : on a pratiquement tout dépensé l’argent qu’on a retiré ce matin.
Il est près de 16h quand enfin on rentre à l’hôtel, les bras chargés. Il est trop tard pour déjeuner et trop tôt pour dîner. Je propose un goûter… et commande une forêt noire !
C’est pas la meilleure que j’ai mangé, mais elle est pas mal. Cécile est plutôt salé : des oignons frits…
Bien installées sur des matelas, nous assistons au coucher de soleil magnifique avec le Gunung Agnung de Bali en toile de fond.
Au moins, nous finissons en beauté notre séjour à Senggigi. Je regrette de partir demain, je serais bien encore restée 2 jours pour me reposer.
Vers 20h30, nous descendons pour notre dernier dîner. On a enfin le wifi et pendant que Charles pose de nouvelles colles à Cécile et au couple de Hollandais, j’essaie de mettre mon blog à jour tant bien que mal.Ce qui va tout de même m’occuper jusqu’à minuit. Nos sacs sont bouclés, j’ai mes affaires toutes propres. Dernière nuit dans notre chambre de luxe. Demain, départ à 9h pour prendre le bateau, direction Bali. J’espère que je serais remise d’aplomb !

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