Kakadu

Mercredi 13 juin 2012

14h : S’il y a bien un parc naturel sur lequel on ne peut pas faire d’impasse dans le Top End, c’est bien Kakadu avec ses 20 000 m², ses billabongs, ses peintures aborigènes… et ses crocos ! Les histoires de touristes inconscients partis se baigner dans les trous d’eaux, et qui ne sont jamais revenus, ne manquent pas. D’ailleurs, cet après-midi, nous partons à la rencontre de ces charmantes bêtes lors d’une croisière. Là encore, deux heures de transport sont nécessaires avant d’atteindre notre but. Après ce bon repas, difficile de garder les yeux ouverts. Comme bon nombre de mes voisins, je pique du nez jusqu’à arriver à une station/restaurant/bar/magasin. On fait connaissance avec deux charmantes bêtes :

 

Bon, pour eux aussi, c’est l’heure de la sieste et notre venue ne semble pas les déranger le moins du monde.
De toute façon, nous n’avons que 10 minutes d’arrêt.
Nous arrivons enfin sur la fameuse rivière et embarquons immédiatement sur un petit bateau à moteur. Seul un père et son fils s’ajoutent à notre groupe. Très vite, on aperçoit les premiers crocos en train de digérer (ou pas) sous la mangrove. Personne ne risque de mettre ses mains dans l’eau. On ose tout au plus se mettre à l’avant du bateau pour prendre des photos d’un peu plus près.
Pendant une heure, nous arpentons le bras de la rivière pour observer ces charmantes bêtes, des buffles, des oiseaux et la mangrove. Tout le monde regagnera la terre ferme vivant !

Nous partons maintenant en direction de notre campement pour la nuit. Première nuit sous tente à Kakadu et la mienne ressemble à ça.

De l’extérieur, ça donne une petite tente verte avec une porte. Nous arrivons pour le coucher du soleil et une bonne dose d’anti-moustiques est nécessaire. Les bêtes se font un festin et on n’oublie pas sa lampe quand on sort, car il y a potentiellement des serpents. Nous sommes dans le bush…

Pour le dîner préparé par…., je ne me rappelle plus son nom. Bref, un photographe et accompagnateur qui nous prépare de la viande marinée avec des légumes, genre daube Provençale. Pas de dessert :-(. Mais il y a du chocolat et des petits biscuits. On se retrouve ensuite autour du feu… sans chamallows !  Vers 10h30, je vais me coucher. Je m’endors assez rapidement malgré quelques ronflements qui résonnent….

Jeudi 14 juin 2012

Journée complète à Kakadu. Lever à 5h45 (hé oui ! ). Petit-dej (sans chocolat chaud) et on part pour Kakadu. Car jusqu’à présent, nous n’y étions pas vraiment. Le portail est là pour marquer l’entrée officielle.
Ce matin, notre première découverte de Kakadu passe par le billabong (trou d’eau) de Mamukala où nous observons la faune et la flore locale. Le soleil se lève paisiblement et la vie suit tranquillement son cours. Mais gare aux crocos !
Nous allons ensuite à un deuxième point de vue  sur la rivière « East Alligator » pour, peut-être, voir un croco. Sur le bord d’une rive, l’un deux se fait bronzer (au fond à gauche sur le bord du sable). Ce n’est pas une branche morte. Confirmation quand on regarde avec les jumelles. Et à quelques mètres de là, une barque de pêcheurs !
Maintenant, place à la culture avec l’art rupestre aborigène à Ubirr. C’est ici que l’on peut observer de nombreuses peintures, datées entre 8 000 et 15 000 ans. Plusieurs Aborigènes ont travaillé avec le gouvernement pour l’ouverture de ce site au public et la compréhension de la culture aborigène par les non-aborigènes. Ci-dessous, les instigateurs du projet. Une photo a été retirée car la personne est décédée. Dans la culture aborigène, une personne morte ne doit plus être vue et on ne doit plus l’appeler par son nom pendant plusieurs années.
Chaque peinture raconte une histoire sur Kakadu ou une morale destinée à apprendre aux enfants la vie.
Les dessins sont réalisés à partir de sang et d’ocre. D’après les scientifiques, les dessins ci-dessus datent de 5 000 ans
Voici l’histoire de Mabuyu, chasseur aborigène. Pendant son sommeil, alors qu’il avait pêché plusieurs poissons laissés dans sa besace, quelqu’un vient couper sa besace et prend ses poissons. Mabuyu remonte la trace du voleur et demande des explications. L’homme lui dit que ce sont ses poissons et qu’il n’a rien volé.  Notre chasseur attend la nuit que le poisson soit mangé par la famille qui festoie dans une cave près de l’Alligator River. Il roule alors la pierre pour boucher l’entrée de la cave. Le jour suivant, le voleur et sa famille sont morts, ils n’ont pas pu sortir.
Morale de l’histoire : quand on vole, on est puni !
Ci-dessous, cette tortue au long cou aurait 2 000 ans (la tête est en bas à gauche)
Un peu plus loin, une grotte est quasiment recouverte de dessins « rayons X ». En effet, les Aborigènes ont dessiné l’intérieur des animaux, organes, os…
Vous voyez le petit bonhomme blanc en bas, au milieu  (photo ci-dessus) ? Regardez bien, il a les mains dans les poches… C’est comme ça que les Aborigènes représentent les blancs.

No comment !

 

 

Nous poursuivons notre découverte un peu plus loin avec de nouvelles histoires.

 

Cette dernière histoire raconte qu’une petite fille a enfreint les règles en mangeant du barramundi. Elle a été sévèrement puni. Trop, d’après un clan, qui en réaction a déclenché une guerre. Bilan: de nombreux morts de part et d’autre.

Après la visite de cette dernière cave, nous grimpons en haut du rocher pour avoir une vue magnifique sur le paysage et les billabongs. Pour les cinéphiles, c’est ici qu’a été tournée la scène de Crocodile Dundee quand elle est impressionnée et lui dit que c’est vraiment magnifique. Et ça l’est !

 

Petit apéro pour contempler la vallée et on redescend. La faim est bien là. Pour le déjeuner, nous allons au camping où nous allons dormir cette nuit. Après le lunch, direction le visitor center de Bowali. Je file aux toilettes et le temps que je revienne, il n’y a plus personne. Je regarde dans la galerie d’expositions. Personne. Je cherche jusqu’à me dire qu’ils sont peut-être dans la salle de cinéma, comme l’avait proposé Flick. Bingo ! Le film a déjà commencé, je m’installe discrètement dans un siège. C’est un film sur Kakadu pendant la saison humide. Et sur la digestion, c’est fatal ! Je pique un somme sur la fin. Nous prenons ensuite le temps de visiter la galerie avec encore pas mal d’explications sur la faune et la flore et des cris d’animaux enregistrés pour nous mettre dans l’ambiance.

Flick nous emmène maintenant voir de l’extérieur une mine d’uranium. Impressionnant !

Retour à la vraie nature avec notre dernière ballade du jour. Apparemment, une petite grimpette nous attend pour accéder au lookout de Nourlangie. Ce mot aborigène définit une zone plus vaste que le rocher. Nous grimpons, mais en moins de 10 minutes, le but est atteint. Au passage, j’ai failli finir scalper. Je n’ai pas vu que ma tête est passée à 3 cm d’un rocher, faisant tomber mon chapeau.
Voici donc Nourlangie rock !

 

Nous ne rentrons pas trop tard, car au camping, il y a une piscine. Bien que l’eau soit fraîche, un petit bain est toujours agréable et le soleil est là pour nous chauffer. Pour cette dernière soirée, nous avons les mêmes tentes que la veille. Par contre, il ne faut rien laisser dehors car les dingos rôdent…

Je suis la dernière à partir de la piscine. En fait, on a du réseau, donc j’en profite pour envoyer des mails. Au menu du dîner, barbecue avec des steaks de buffle et de kangourou avec différents accompagnements. Après le dîner, nous discutons sous la grande tente avant que chacun n’aille se coucher vers 22h. Je profite du réseau pour envoyer une pige. Incroyable ! Au même moment, un gros bruit de ronflement résonne. J’ai l’impression que c’est juste à côté de la tente et que c’est l’une des Asiatiques qui ronfle comme un pompier. Un vraie bruit de cochon…. Heureusement, quand je m’endors, le ronflement disparaît

Vendredi 15 juin 2012

Dernière matinée à Kakadu. Réveil vers 5h50 pour un départ prévu à 7h. Avant, nous devons faire nos sandwichs que nous mangerons dans le bus. Aujourd’hui, nous allons aux célèbres cascades les « Jim Jim Falls« , 215 mètres de hauteur. Malheureusement pour nous, l’accès aux Twin Falls est fermé. La route n’est pas encore praticable.  Pour accéder aux Jim Jim, un 4X4 est indispensable. Avant de prendre la piste, nous nous arrêtons au camping pour une pause technique. Et notre cuistot-photographe, nous initie à la dégustation des green tree ant.

 

Oui, c’est bien ça : des fourmis. Ce n’est pas une première pour moi, car j’en avais déjà mangé en Équateur. Par contre, apparemment, il ne fallait manger que le « sac » sur son dos et moi j’ai tout gobé. Petit goût de citronnelle…

Flick passe le bus en mode « ‘ 4 wheel ». C’est parti pour 30 minutes de piste. On nous prévenu que ça allait secouer…., C’est pire que la bateau rapide Amed-Gili. On décolle tellement de notre siège (aussi je suis à l’arrière avec deux autres filles), qu’on est obligé de se tenir aux poignées sur les côtés. Un manège en puissance. Je boucle vite fait ma ceinture pour ne pas me retrouver par terre au milieu de l’allée centrale. Y’a intérêt à avoir l’estomac bien accroché ! Au passage, Flick nous mets la musique à fond, on a même droit au générique de Rocky. Pile dans l’ambiance.

Ha enfin, nous arrivons au but. Mais attention, ici il y a des crocos et nous allons marcher au bord. La prudence est de mise. Notre cuistot-guide ne perd pas une minute et fonce. Le chemin est accidenté et il faut faire attention aux pierres. J’ai rarement marché aussi vite et je prends même des photos en marchant.

Un peu plus loin, nous faisons un vrai stop et découvrons les « Jim Jim Falls », au fond.

 

La dernière partie de la ballade est sportive. Nous devons presque sauter de rochers en rochers pour atteindre la « plage » des Jim Jim Falls.

 

Nous y sommes. Nous n’avons pas beaucoup de temps. Après hésitations et confirmation qu’il n’y a pas de crocos, je me jette dans l’eau froide des « Jim Jim ».

I did it ! Mais, il est déjà temps de rentrer. Je me rhabille rapidement et nous refaisons le chemin en sans inverse, sans croiser de crocos.
De retour au bus, c’est reparti pour 30 minutes de tape cul sur la piste.
Avant de reprendre la direction de Darwin, nous nous arrêtons à l’Aboriginal Cultural Center qui permet d’approfondir nos connaissance sur la culture aborigène. L’exposition est très bien faite, elle associe histoire, objets, images et vidéo. Les Aborigènes sont des fins connaisseurs de la terre et de son cycle naturel. Ils savent tirer profit (et respecter) les ressources naturelles. Je suis quasiment la dernière à remonter dans le bus. Nous dégustons nos sandwichs préparés ce matin. Maintenant, une longue route nous attend pour le retour.
Avant de se quitter, Flick nous propose de nous retrouver une dernière fois autour d’un dîner ce soir. Je me laisse tenter.
Une fois déposée à l’auberge de jeunesse, je prends une bonne douche, j’enfile une jupe et je suis d’attaque pour la soirée. Deux participantes sont déjà là et nous avons droit à une « summer » bière gratuite, bien que nous ne soyons plus en été. Finalement, nous sommes une dizaine. Avec mon voisin de table, nous commandons deux pizzas pour le prix d’une. Je découvre, bien que j’ai eu quelques doutes avant, que notre photographe-cuistot est le compagnon de Flick. Durant le tour, ils étaient relativement discrets, mais là c’est flagrant. On commence à avoir sérieusement faim et la commande met un temps fou à arriver. Vers 22h, musique à fond, la piste de danse commence à s’agiter. Forcément, j’y vais aussi. Je commande quelques cidre au cours de la soirée pour me désaltérer. Un grand brun baraqué me frôle alors que je suis assise à table. Il repasse et veut visiblement enclencher la conversation. Je l’incite à venir danser sur le piste. Il me suit, puis finit par m’abandonner quelques minutes après au profit du bar… Je n’aurai pas plus d’explications.
Flick est débordante d’énergie et avec son compagnon, nous nous installons dehors. Il doit être plus de 2 heures du mat’ et il se lance dans une grande conversation philosphique…. je décroche. J’essaie simplement de lutter pour ne pas fermer les yeux, quand il me demande : « et toi, qu’est-ce que tu en penses ? ». Heu… réflexion : « ben, la même chose que toi ». Oui, mais qu’est-ce que tu penses vraiment ? ». Moment de solitude. C’est à dire… Là, il faut trouver une réponse générale et bateau pour s’en sortir. Je ne sais plus ce que j’ai marmonné, mais j’ai dû m’en sortir en retournant sur la piste.
3h du mat’ : il est temps de rentrer se coucher dans mon dortoir. Les 5 autres filles dorment déjà et heureusement demain, j’ai encore une journée de libre à Darwin pour récupérer avant de prendre mon avion pour Cairns.
Samedi 16 juin 2012
Réveil un brin difficile et matinal. J’avale mon petit-dej et me prépare un pique-nique sur le pouce. Avant de partir, je veux absolument aller voir le musée du « Top End« . Je prends le bus avec juste mon Lonely sous le bras et mon chapeau. Le soleil tape bien.
Le bus me laisse sur la route principale et je dois marcher. Comme d’hab, je fais un détour. J’avale une tomate avant de rentrer. L’entrée est gratuite et la visite est instructive. De nombreuses oeuvres d’art aborigènes sont exposées pour mieux comprendre l’histoire et le coutumes des différents peuples. Tressages, peintures, instruments de musique, objets liés à des cérémonies. La collection est impressionnante.
Je vais ensuite voir l’exposition consacrée au cyclone Tracy qui a dévasté la ville le 24 décembre 1974. Dans une petite salle obscure, on peut entendre le bruit du cyclone. Amazing !
Une grande salle est consacrée à la faune australienne, terrestre et sous-marine. De la méduse au dauphin, en passant par le hibou et les serpents, il y en a de partout ! Dans le couloir, on peut observer des oiseaux, papillons, pierres précieuses et pour finir la dépouille de Sweet Heart, un crocodile qui a défrayé la chronique en attaquant plusieurs bateaux dans les années 90, sans faire de victimes. Il a été décidé que Sweet Heart serait déplacé, mais malheureusement, il n’a pas survécu au transfert. Le « monstre » de 5 m de long pour 780 kg trône maintenant dans une salle du musée. C’est un peu la vedette. Une salle est aussi consacrée à la pêche avec de nombreuses bebêtes dans des bocaux. Pour finir, je suis allée voir la salle des bateaux traditionnels venus d’Asie et du Pacifique. Enfin, coup d’oeil à une expo temporaire faite par des jeunes étudiants du coin. Film en noir et blanc, bijoux, vêtements, peinture, déco… les idées sont vraiment bonnes et certains ont un talent certain. Bravo !
Pour clôturer la visite, je fais une halte au café et m’offre une « vanilla slice ». La serveuse, qui est Française aussi, se met à discuter avec moi. Elle part servir une commande et renverse le chocolat chaud sur une cliente. Bon, je vais la laisser régler ça et, une fois mon dessert avalé, je m’éclipse. La vue est très jolie sur l’eau, mais il faut que je reprenne le bus. J’ai un ticket de 3 heures et j’ai déjà dépassé le temps. Dans les jardins, un mariage se prépare. Je suis en train de marcher quand j’entends un bruit dans les feuillages qui me fait sursauter. Un goana est sorti d’un trou. J’évite de crier. Plus de peur que de mal. Tout va bien et je n’ai même pas mon appareil pour immortaliser ça. Dehors, le soleil tape et je dois attendre le bus. Apparemment, il n’est pas passé avant… Finalement, il finit par arriver et bien que l’horaire soit dépassé, je ne paie pas un nouveau ticket. Il me laisse juste  à côté de l’auberge. Je pose mes affaires et m’octroie un dernier tour de ville avec arrêt photos à l’église orthodoxe, spéciale dédicace à ma cousine :

Et voilà, fin de journée à Darwin. Je pars sans avoir acheté de ni tableau, ni objet d’art aborigène. Demain, je quitte le Top End pour Darwin. La shuttle vient me prendre à 3h50 du mat’ pour un décollage à 6h20. Bye Bye le « Northerm Territory ». C’était mon dernier passage dans le « Top End »….

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