Lettre à Monsieur Strauss-Kahn,

Mon coup de gueule à Monsieur Strauss-Kahn
Hier soir, vous vous êtes pliés à l’exercice du « mea culpa » public, à votre manière, teintée d’émotion, que j’ai écouté avec attention. Pas d’excuses en bonne et due forme aux Français, mais la reconnaissance d’une relation inappropriée, d’une faute morale, d’une faiblesse. On en attendait sûrement plus. Pensez-vous sérieusement que cet aveu, Monsieur Strauss-Kahn, suffira aux Français ? Vous qui avez déjà évoqué le fait que les femmes pourraient vous empêcher d’aller jusqu’aux présidentielles. Nous y sommes !
Plus que jamais, les Français attendent des politiques une attitude irréprochable. Nous qui sommes les premiers à dénoncer les incartades de notre voisin Berlusconi, comment peut-on laisser ses faiblesses prendre le dessus ? Les sachant, il est difficile ensuite de se plaindre des attaques « sous la ceinture » dont les politiques sont victimes.
Je me pose une question : est-ce que les choses se seraient déroulées différemment si vous étiez le Président de la République française ? Auriez-vous été en mesure de vous maîtriser ? Probablement pas. Avez-vous conscience des conséquences que cela aurait pu engendrer sur la scène internationale, déjà en crise?
 Il est de notoriété publique que vous avez une vie privée pour le moins agitée. C’est votre droit. Mais quand la vie privée empiète sur la sphère publique et devient incontrôlable, les limites sont atteintes. Les candidats à la présidentielle sont dans la ligne de mire des médias. Tous leurs faits et gestes sont épiés, leur passé épluché pour trouver la faille. Comment avez-vous pu penser pouvoir y échapper ? Combien de temps faudra-t-il attendre avant qu’une nouvelle faille dans votre vie privée soit révélée ? Pouvez-vous garantir que dorénavant vous aurez une vie exemplaire ?
On s’en est rendu compte lors des débats télévisés, ce qu’on attend des politiques c’est qu’ils maîtrisent leur discours et à fortiori leurs gestes. Un homme (ou une femme) politique qui ne se maîtrise pas perd toute crédibilité. Par respect pour ceux qui ont pu être blessés et pour les Français, il aurait été décent de vous engager à l’avenir à tout faire pour ce qui s’est passé ne se reproduise plus, notamment à suivre une thérapie. Vous avez eu l’honnêteté de vous retirer de la course présidentielle. C’était le moins que vous puissiez faire, Monsieur Strauss-Kahn. Comme d’autres l’ont fait avant vous, il faut maintenant assumer ses erreurs et avoir le courage de se retirer de la vie politique.

Imaginons qu’en tant responsable politique vous devriez vous prononcer sur les réformes de la Justice, la récidive, les atteintes faites aux femmes. Pensez-vous légitiment être crédible et en mesure de trancher la question ? Quelle serait votre position vis-à-vis des personnes accusées d’agressions sexuelles Monsieur DSK ? Faut-il les soumettre à un traitement médical obligatoire à la première tentative d’agression ?
Dans votre cas, l’affaire a été classée. Vous avez beaucoup perdu, dont la confiance de la Nation, et les Français aussi. Les regrets ne suffiront pas Monsieur Strauss Kahn à faire oublier le scandale. Les Français attendent désormais du courage et des actes. Il faut savoir faire preuve d’humilité quand on n’est pas à la hauteur des responsabilités et exigences morales requises dans la vie politique. En tout cas du point de vue des Français…

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