Bye bye Cosmopolitan Café

Depuis vendredi, j’ai dit « au revoir » au Cosmopolitan Café de Bondi Junction après 5 semaines de travail.

 

 

Retour sur cette dernière semaine de boulot. Jeudi 16 février était THE jour : celui de l’annonce. Depuis plusieurs semaines (pour ne pas dire depuis le début), je répète le scénario de mon départ. J’ai prévu de dire à Pattie, la fille du patron, que mes parents me font la surprise de venir, alors que je n’étais pas au courant et que je dois partir les accompagner. Je poursuis en indiquant que cela va être probablement le dernier voyage de mon père, qui a des ennuis de santé (oui, j’en ai un peu rajouté). Pour finir, je m’excuse platement en disant que j’aurais beaucoup aimé rester plus longtemps (ce qui n’est pas faux), que le personnel et les clients (surtout) sont très sympathiques, en n’omettant pas de parler de mon meilleur ami avocat à la City (quoi, vous ne le connaisez pas ? C’est au cas où, ils voudraient pas me payer. Hé oui, je pense à tout). Je sais, c’est moche de mentir, mais si j’avais dit que je ne comptais rester que 6 semaines, je n’aurais jamais été embauchée. Pas de boulot… pas de sous !

Le jour dit, j’attends ma pause de 10 minutes à 17h, je fais semblant d’écouter mon téléphone, je prends un air catastrophée en demandant où est Pattie et que j’ai besoin de lui parler. Elle est dans son bureau, au téléphone. Je lui dis que j’ai un problème et que je dois lui parler. Moins d’une minute plus tard, elle me fait rentrer dans le bureau (autant dire un placard) et je lui sors mon argumentaire en mettant en action tous les talents de comédienne (souffle coupé, voix tremblante et yeux humides). Elle réagit comme je l’attendais. Elle est désolée pour moi (enfin pour mon père). Je rajoute un argument sur le fait que je n’ai pas de très bonnes relations avec mes parents et que donc, je dois faire cette faveur de les accompagner (même mon frère m’aurait appelé). Surtout que mon père ne peut pas conduire longtemps. Bref, ça passe comme une lettre à la poste. Je lui dis que je peux travailler en gardant juste un jour de congé (dimanche) jusqu’à mon départ. Visblement, ça l’arrange.

Le lendemain, vendredi, je suis censée ne pas bosser. Mais j’émets l’hypothèse de venir travailler s’il le faut. Elle me répond en me disant qu’elle va appeler son père ce soir et lui en parler et me demande d’appeler demain à 11h pour savoir ce qu’il en est. Aujourd’hui, jeudi, on a bien bossé et si c’est pareil demain, les filles auront besoin de renfort.
Le lendemain, à 11h, je rappelle Spyros. Il n’a pas l’air contrarié au téléphone. C’est déjà ça… Il me demande de venir à 13h. J’arrive au café à la surprise générale : cela devait être mon jour de repos et la dernière arrivée se fait à midi d’habitude. En fait, je ne comprends pas pourquoi il m’a faite venir. Il n’y a que peu de clients. Comme d’hab’, on se bat presque pour prendre une commande. Mais je finis tout de même à 19h. Samedi soir, une soirée se profile à l’horizon. Demain, dimanche, je ne bosse pas et on doit faire une balade Meetup avec Véronica et Marc.

Dans l’après-midi, Spyros me demande si je peux bosser dimanche. Rachel n’a pas appelé pour connaître son planning. Dans le doute, il me met à sa place. J’apprends, quelques jours plus tard, que Rachel n’a plus donné signe de vie. Elle aurait empoché sa paie, avant de partir sans rien dire.

Samedi soir, je sors comme prévu avec Véro et Marc à Darlinghurst. On s’est donné rendez-vous dans un bar : le coco cubano. Quand je pénètre dans ce café à la déco cubaine, j’aperçois un groupe de filles avec des écharpes à la Miss France (c’est pour un enterrement de vie de jeune fille) vêtues de mini robes moulantes et perchées sur des talons vertigineux (désolé les gars, je n’ai pas pris de photos). Pas de doutes, se sont des Australiennes. En jetant un oeil à droite, Vero et Marc sont installés dans le canapé moelleux, un verre (plutôt une bouteille) à la main. J’offre le coup suivant et je me paye un strawberry mojito (15 dollars environ), pas donné mais bon. J’accompagne avec une pizza à grignoter. Pâte fine, bien garnie, mais sauce un peu trop relevée à mon goût. Surtout qu’en la mangeant, je me mets de l’huile sur ma belle jupe verte. Zut, je mange comme une cochonne ! Après ce petit encas, nous décidons d’aller explorer le quartier de « King Cross »‘, THE quartier chaud, reconnaissable à l’entrée avec sa grosse pub Coca-Cola.

En arrivant au point de convergence, la rue fourmille de jeunes venus faire la fête. Les filles sont égales à elles-mêmes et passent leur temps à tirer sur leur jupe qui remonte (à ce niveau là, on peut plutôt parler de ceinture et non plus de robe). La moyenne d’âge se situe autour de la vingtaine. La rue principale ressemble à Pigalle avec ses bars et ses boîtes de strip tease. Marc, n’en pouvant plus, s’achète… à manger à Mc Do. En prenant sur une rue perpendiculaire, on change radicalement d’ambiance et quelques mètres plus loin, on se croyrait dans un quartier bobo. On revient sur nos pas pour poursuivre la balade de l’autre côté. On se prendrait bien un dessert. Cette fois encore, on poursuit notre chemin en espérant trouver mieux ailleurs et on finit par retourner au point de départ. Bon, qu’est-ce qu’on mange pour le dessert ? Les churros au chocolat à la carte du Cubano me font de l’oeil. Marc n’est pas emballé à l’idée de débourser 13 dollars pour son dessert. Après hésitations, on part à la recherche d’un glacier. J’avoue avoir été » déçue par le glacier d’Oxford Street. Rien d’exceptionnel pour cette dégustation autour de la fontaine avec une boule de chocolat. Il est temps de rentrer chacun chez soi. A peine ai-le temps de dire au-revoir à Marc et Véro, que me voilà en train de courrir derrière le bus pour l’attraper à l’arrêt.

Dimanche, lundi et mardi, j’enchaîne au boulot. J’en suis à mon dixième jour de boulot, sans repos avec, en moyenne, 8h30 de boulot par jour. Travailler plus pour gagner plus… en Australie, ça marche bien.
Mardi, de nouvelles filles sont arrivées au Cosmopolitan Café. Du coup, le mercredi, je me vois gratifiée d’une journée off pour permettre à d’autres filles de bosser. Je vais pouvoir me reposer et me faire plaisir. Après avoir tant bossé, je mérite (deserve in english, thanks Eddie) un massage. J’ai vu qu’il y a un institut « Alice remedial Massage » avec une offre d’une heure de massage à 50 dollars, juste au dessus du café. Une chinoise m’accueille et peut me prendre tout de suite. Je m’allonge sur le table en petite culotte. Moi qui aime les massages énergiques, je suis servie. Elle me malaxe et me pétrit au point de me faire presque mal. A priori, je n’ai plus aucune tension nulle part. Par contre, pour se détendre, c’est un peu plus difficile. La cabine est mal isolée, la masseuse claque les portes quand elle va chercher des serviettes chaudes à côté. Mais au moins j’ai été massée, en profondeur, de la tête aux pieds.

En sortant, je suis prête à faire des courses. Je me rends à Westfield pour trouver un short. Je n’en ai qu’un. Il faut absolumement que je m’en achète un second. J’avais déjà repéré un short roxy, mais il était vert, comme celui que j’ai déjà. En rentrant dans une boutique, je cherche des shorts. Ceux en jean ne sont pas terribles. J’aperçois un « roxy » jaune paille avec ma taille. Prix : 20 dollars, soit un tiers du prix. Essayé, payé et emballé ! Je vais l’etrenner demain (mardi) pour mon départ de Sydney.
Je passe ensuite à Woolworth pour acheter un adaptateur pour mon père. Je l’achète rapidement et en rentrant à la maison, il y a comme un souci : j’ai acheté un adaptateur pour l’Europe.

 

 

Trop bête, hein ! J’ai plus qu’à retourner au magasin pour le changer. Ha oui, j’allais oublier. Le seul jour où je suis de repos, je tombe sur Surya (aide en cuisine) à la caisse du magasin. On l’a envoyé acheter un stock de « coke ».

Jeudi a été mon dernier jour de boulot (ça devait être vendredi, mais comme je voulais commencer plus tôt, et que cela n’a pas été possible, on m’a mise en off) au Cosmopolitan Café. Les jours précédents, j’ai dit à mes clients préférés que je partais à la fin de la semaine. Tous me demandent forcément pourquoi (et mes collègues aussi). Du coup, à chaque fois, je dois re-raconter mon histoire. Jeudi 23 février, c’est aussi l’anniversaire de Laurène : 15 ans ! A ma pause, je lui passe un petit coup de fil pour lui souhaiter (in english) an happy birthday.
En fin de journée, je vois Pattie qui me remet mon enveloppe avec mon salaire jusqu’à mardi inclus. Je lui dis que je reviens demain et que je leur ferai ma spécialité : un fondant au chocolat. Elle me donnera alors ce qui m’est dû pour la journée de jeudi et je lui rendrai mon tablier noir tout propre. Adieu à ma tenue complète de serveuse !

 

 

Vendredi, journée aux fourneaux ! Ce soir, je fais un barbeuc’ d’adieu avec Marc, Véro et j’ai invité des collègues de boulot ainsi que mon ami Sid, que je n’ai pas revu depuis un moment. La dernière soirée où il a passé son temps à me toucher au moindre prétexte m’a un peu échaudée (après deux relances, il me dit qu’il est trop occupé et ne peux pas venir, bizarre ! ). Je cuisine des tomates à la provençale (faut le faire à Sydney ;-), une salade de pâtes au pesto, un gratin de purée de carottes, une salade de fruits avec sa crème anglaise. Pour le barbeuc’, proprement dit, des boulettes de viande et des saucisses.
Vers 14h, je fais mon fondant au chocolat. J’espère qu’il va être bon. Le démoulage paraît délicat. Je l’emporte avec le fond du moule (amovible), entouré de film alimentaire. En arrivant au Cosmopolitan Café, Val est la seule tête connue, puis Nam, arrive quelques minutes plus tard (elle devait délivrer un repas à l’hôtel). Je découpe des parts et en voyant l’interieur, je me dis que mon gâteau va tuer ! Spyros et Pattie sont ravis. Les filles aussi ! Je laisse un papier avec un plan dessiné, mon adresse et mon numéro de téléphone pour ce soir. Val et Nam doivent venir. Bellal n’est pas très motivé et je sens que Reitess va faire encore faud bond. Helen doit venir, mais elle est déjà rentrée chez elle. Du coup, je ne sais pas si elle va se rappeler de mon adresse. J’ai dit rendez-vous à partir de 19h.
Je profite de ce dernier passage au café pour faire mes adieux à Beverly, adorable mamy, qui ne veut pas goûter de mon gâteau, mais je lui pardonne. Pattie me règle la journée de jeudi et me fait même grâce du dernier repas pris.

Une fois débarrassée de mon gâteau, je file m’offrir mon deuxième plaisir beauté : une pédicure. Franchement, ce n’est pas du luxe au vu de l’état de mes pieds.

 

 

40 minutes et 30 dollars plus tard, y’a pas photo ! Les chinoises sont les reines des ongles.

 

 

Il est 18h30, il faut vite que je rentre. Juste avant de traverser, je tombe sur Philip et Pam, de retour ! Ils m’ont appelé juste avant, mais je n’ai pas répondu. Ils ont déposé leurs bagages dans l’appart. Je prends vite congé, je me dépêche pour tout préparer. Mais à 8h passées, toujours personne. Texto à Marc et Véro. J’appelle Val, c’est bizarre. Marc et Véro finissent par arriver. Je confie la mission du barbeuc’ (electrique) à Marc, qu’il remplit à la perfection. Sur ce, Helen m’appelle. Elle est juste dehors. A son tour, Val me rappelle : elle est trop fatiguée et a oublié. Même chose probablement pour Nam, qui est partie avant elle. Je suis sûre que Reitess ne viendra pas. Ils m’énervent ces hommes mous qui ne sont jamais capables de se bouger les fesses.

Bref, on passe tout de même une bonne soirée (mis à part les moustiques), dehors sur la terrasse, à quatre, en trinquant à Sydney et à ma dernière soirée. Je découvre même qu’Helen fait des études de journalisme. Mon repas a du succès et je me couche à 1h du mat’, le temps de tout ranger. Demain, samedi, le réveil s’annonce difficile. A 7h, je dois être à l’aéroport pour récuperer mes parents. Ce qui veut dire lever à 5h30…

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